Mes animés de l’été

Publié par
Le 12 juillet 2017

Comme annoncé dans le dernier article, dans cet espace, je me permettrai de vous parler de tout et de rien, y compris de mes recettes préférées… vous voilà prévenu pour la seconde fois ! Et cette fois-ci, je vais vous expliquer comment en l’espace de trois animés, je suis passé de l’émerveillement le plus complet à la désillusion la plus totale.

Il y a peu, je tombais sur Barakamon, une série d’animation de type SOL (Slice of Life) mettant en scène Seishuu Honda, un calligraphe de talent, dans une période trouble de sa vie. En effet, après avoir perdu son sang froid et frappé le directeur d’exposition ayant eu le malheur de lui dire que son style était trop scolaire pour être réellement intéressant, il est envoyé sur un île par son père pour faire le point sur sa vie et son art. Il y rencontrera Naru, une petite fille de 7 ans, qui, à grand coup de bêtises et de bonne humeur viendra chambouler ses habitudes et le forcer à aborder la vie avec plus de simplicité, mais aussi de sincérité. Son univers s’en trouvera bouleversé, et sa manière d’aborder la calligraphie changé à jamais.

Fort d’une DA efficace et d’une BO sans tâche (tâche… encre… calligraphie… voilà voilà…), l’animé aborde des thèmes tels que le passage à l’âge adulte ou l’amitié, mais également et surtout la nécessité de sortir de sa zone de confort pour embrasser la vie, évoluer, et se servir de ses expériences pour faire mûrir son art. Et dans une période assez singulière de ma vie, cette tranche de vie a réellement résonné comme un écho pour moi. A la fois drôle et touchante, l’histoire sonne surtout incroyablement vraie et sincère. Pour un peu que vous soyez amateur du genre, je vous encourage réellement à vous pencher sur cette œuvre plus que digne d’intérêt !

Confiant et dans ma lancée, j’ai demandé conseil sur Twitter pour trouver quelque chose du même acabit. C’est là que ce cher @NemesisEvan m’a parlé de Sakura no pet na kanojo. Et je pense pouvoir dire sans trop d’hésitations que c’est à de jour une des plus grosse claque que j’ai pris en matière de séries d’animation.

On y raconte la seconde année de Kanda Sorata au lycée de Suimei après qu’il soit envoyé à Sakurasou, un dortoir réservé aux élèves « perturbateurs » de la section Arts. On y trouve Misaki, une animatrice surdouée mais complètement givrée ; Jin, un scénariste de talent ; Ryuunosuke, un développeur de génie mais tellement associable qu’il ne sort jamais de sa chambre et communique via une interface virtuelle ; et Chihiro, une prof de lycée qui passe son temps à boire et flemmarder.

Sorata comprendra rapidement son décalage avec les autres résidents, lui qui n’a aucun talent particulier et ne sait pas vraiment quoi faire de sa vie. Mais les choses se compliqueront encore d’avantage quand débarquera Shiina, une jeune fille pour le moins particulière. Véritable prodige dans les arts graphiques, elle souffre néanmoins d’un sévère trouble psychologique assez proche de l’autisme moyen. Incapable de communiquer avec aisance avec son entourage, les normes sociales lui sont inconnus, et Sorata devra jouer le rôle de tuteur en plus d’étudiant.

Très vite, Sorata deviendra pour Shiina un pilier essentiel dans sa vie, et de la dépendance naîtront des sentiments confus qu’elle sera incapable de comprendre et gérer. Mais si l’histoire entre les deux personnages est intéressante dans tout ce qu’elle a de conflictuelle, l’essentiel repose bien ailleurs. En effet, Shiina possède un talent sans égale mesure, et ramènera sans cesse Sorata à son statut d’élève moyen, sans talent, et sans plan d’avenir.

D’une manière générale, tout ce panthéon de personnages sert en réalité à poser une simple question mais ô combien complexe : suffit-il de donner le meilleur de soi pour réussir ce qu’on entreprend ?

Et si vous n’avez pas vécu dans le monde des guimauves et des oursons en chocolat jusque là, vous vous doutez déjà de la réponse…
Espoirs, déceptions, joies et colères seront le quotidien de ces étudiants qui, dans le système ultra compétitif qu’est le système éducatif Japonais devront grandir et accepter la dure réalité… et s’accepter eux même pour aller de l’avant.

J’ai été profondément touché par cet animé qui entre deux scènes un peu ecchi (très peu je vous rassure tout de suite. On est très loin d’un Highschool of the dead) m’a fait mourir de rire, pleurer, voire les deux en même temps à certains moments. Les thèmes abordés nous ramènent fatidiquement à des situations que l’on a déjà vécu, et que nous continueront de vivre tant que la passion d’entreprendre des choses fera parti de nos vies.

Sakura no pet na kanojo fait parti de ces œuvres qui, sur fond d’humour un peu absurde, nous touche au plus profond et nous laisse K.O pour un bon moment arrivé au terme du visionnage.

Personnellement, j’ai avalé les 24 épisodes en moins de 48h, et je n’avais qu’une envie ensuite, relancer le premier une nouvelle fois !

Mais non… il faut aller de l’avant et ne pas s’enraciner dans les souvenirs. Ayant développé une véritable faim de shôjo, je me suis mit à parcourir la toile pour chercher les références en la matière. Je suis donc rapidement tombé sur Kaichou wa maid-sama… et là, ce fût le drame…

Séduit par le pitch de départ – une jeune fille étudiant dans un lycée pour garçon devenu récemment mixte cache à tout son entourage sont métier de maid dans un café de la ville voisine pour aider financièrement sa famille après le départ de son père, et possède une véritable aversion pour la gente masculine après cet événement familial – je pensais qu’il était possible à partir de cette idée de base d’aborder des situations et des thèmes intéressants et originaux. Mais il faut croire que c’était trop demander…

Si le personnage de Misaki est intéressant au départ avec son caractère bien trempé, sa rigueur morale, et sa dévotion pour sa mère et sa petite sœur, l’apparition d’usui viendra jeter un sacré pavé dans la mare. Véritable playboy du lycée, Usui est tout simplement parfait sous tous rapports (du moins au premier abord). Toutes les filles autour de lui se retournent sur son passage avec des étoiles plein les yeux (véridique…), il surclasse n’importe quel élève de n’importe quel établissement dans n’importe quel sport haut la main, il est capable de battre à plate couture en moins de 5 coups le champion national aux échecs, possède un talent inné dans à peut prêt tout, et est capable de sortir un violon de son rectum pour interpréter n’importe quel morceau de n’importe quel compositeur classique avec le brio d’un premier violon du plus grand des orchestres philharmoniques.

Le personnage est tellement ridiculement parfait qu’il est absolument impossible de lui accorder le moindre crédit ou d’avoir le moindre attachement pour lui. Au mieux, il énervera tout le long de ce chemin de croix que représente les 26 épisodes de la série (je suis allé jusqu’au bout parce que je n’aime pas critiquer sans avoir toutes les cartes en mains, mais croyez-moi, j’ai souffert…).

Mais comme je le disais un peu plus tôt, il est parfait sous tous rapports… au premier abord. Lui qui n’accorde jamais le moindre regard à la gente féminine va tomber amoureux de Misaki, et va devenir… le pire des stalker qu’il m’ait été donné de voir dans une série d’animation. Le mec va suivre Misaki de partout, à tel point que c’en est perturbant. Si elle se trouve devant le lycée, alors il sera à la fenêtre en train de la surveiller ; si elle sort les poubelle, il sera là à l’attendre dans la ruelle sombre ; si elle monte sur le toit de l’école, il est évidement juste au dessus de la cage d’escalier à l’attendre… sans rire, le mec est juste ultra flippant et malsain au possible…

Mais ça c’est juste le début. Parce que rapidement, celui-ci va devenir insistant envers elle, et se permettra de la coller, mais également et surtout de la plaquer contre les murs en mode lover de l’extrême sans même se rendre compte qu’il fait surtout penser à un putain de détraqué sexuel. Mais quand elle lui en fait la remarque, ça a l’air de le faire marrer, et puis l’animé à l’incroyable de bon goût de la faire rougir pour bien nous indiquer qu’en fait elle aime ça et que c’est normal de se comporter de la sorte…

Misaki va donc rapidement passer du statut de femme forte et indépendante, à celle de cruche de service, apparemment incapable de faire la différence entre un garçon bien attentionné et un foutu prédateur sexuel.

Mais le point culminant est atteint avec les épisodes 16 et 17 qui m’ont littéralement laissé sur le carreau… (oui je vais spoiler comme un gros salaud, mais en même temps je n’ai aucune pitié pour cet étron misogyne et rétrograde).

Durant ces deux épisodes spéciaux « vacances d’été » (un grand classique), Usui ne supporte pas que Misaki puisse être en maillot de bain comme toutes ses amies. Non, la pauvre jeune fille doit porter un T-shirt pour assouvir ses instincts de mâle dominant et tout puissant. Le délire va tellement loin, que lorsqu’elle propose d’aider à servir les clients de l’auberge au bord de plage pour aider ses collègues, celui-ci va carrément l’attraper de force et lui coller un suçon bien visible dans le dos, l’obligeant alors à enfiler un haut par dessus son maillot alors qu’il fait une chaleur à crever.

Là c’est le point de non retour, l’animé n’en a plus rien à foutre de rien et se met en mode roues libres. Usui, alors qu’il ne sort même pas avec elle, affirme sa propriété sur son image et son corps, comme ça, à la cool, sans pression !

Dans la suite des épisodes, alors qu’elle participe à une compétition de beach volley pour aider un jeune homme à faire accepter sa différence à sa tante alors qu’il vit une situation qui le rends profondément mal (je n’entrerai pas dans les détails), Usui va s’inscrire dans l’équipe adverse et la marteler à coup de ballon pour la faire perdre, parce que, je cite : « ça ne me plaisait pas que tu portes des vêtements qui plaisent aux garçons et que des gens prennent des photos de toi pour des raisons louches »…

Le mec est juste un putain de psychopathe… je n’ai pas d’autres mots…

En fait l’animé n’a de cesse de nous montrer que c’est parfaitement normal pour un mec d’avoir une attitude passive agressive, d’être possessif à outrance au point de s’approprier le corps de l’autre contre sa volonté, mais surtout que les filles aiment ça !

Sans mentir, les 26 épisodes m’ont filé des hauts le cœur, et je ne comprends même pas comment il est possible en 2006 (date de la première publication du manga à l’origine de l’animé) d’afficher de tels valeurs (absence de valeurs?) morales. Mais au final, ce n’est pas le pire, loin de là. Qu’une œuvre puante de la sorte sorte, c’est une chose. Au Japon, les valeurs patriarcales sont encore très présentes, malgré l’adoption légale de la famille égalitaire en 1945, et le statut de la femme reste à ce jour un sujet particulièrement sensible. De plus, le manga est paru avant la crise économique de 2008, ayant mit un sacré coup de pied dans la fourmilière.

Mais ce qui me fait de loin le plus peur, c’est de voir les dizaines et dizaines de commentaires de jeunes Française sur sens-critique, ou sur d’autres sites similaires, vanter les mérites d’usui et le décrire comme le garçon idéal…

Sincèrement, j’ai l’impression de faire un bond d’une centaine d’années en arrière.

Alors pour conclure cet article, je commencerai par vous déconseiller fortement cette catastrophe qu’est Kaichou wa maid-sama, mais surtout… surtout… je voudrai dire à toutes les jeunes filles/femmes qui passeraient dans le coin :

Vous valez mieux que ça !
Vous n’êtes pas des objets au service des hommes, et votre corps vous appartient. Et non, ce n’est pas normal qu’un garçon vous interdise des choses. Si vous respectez certains de ses désirs ou que vous défendez des valeurs communes, c’est de vôtre fait. Pas parce qu’il exerce un quelconque pouvoir sur vous.

Sur ce, je vous fais des bisous… et respectez-vous mesdemoiselles 😉

Mots clés : ,